C’est au XIème siècle que le nom de «Spinosa» disparait pour devenir « Saint-Barnard », en l’honneur du fondateur de l’église et du prieuré.


Le monast ère de la Bruyère, le château, le village et le port en étaient les principaux éléments.


Après avoir eu différentes appellations : Spinosa, Saint Barnard, Sanchis Bernardus, Ecclésia Saint Barnard de Ansa, Saint Bernardi Ansae, Saint Bernardi Super Ararim, Saint Barnard lez Ance, puis Mont Barnard en 1792 qui deviendra Saint-Bernard après la Révolution.


Le village fut ceint de murailles dont il reste deux portes, l’une à l’Ouest du côté de la Saône, l’autre à l’Est à l’état de vestige. La distance qui les sépare est de 250 m, ce qui donne une idée de l’importance du village au Moyen-Age. Les murailles furent édifiées pour se protéger notamment des pillages.


En 1250, le château apparaît dans les écrits de la région quand Guillaume, Palatin de Riotiers le vendit à Guichard V de Beaujeu. Mais, il est permis de penser que la place fut fortifiée bien avant, peut être même dès l’occupation romaine.


En 1264, Louis IX ayant nommé Guichard V de Beaujeu ambassadeur d’Angleterre, celui-ci vendit alors la seigneurie de Saint-Bernard à Million de Vaux, doyen du chapitre de l’église de Lyon.


Parmi les dépendances du château, également aliénées, on trouve une île face au château, aujourd’hui disparue, deux prés à Anse, un moulin près de Saint-Bernard qui avait appartenu aux Palatins de Riotiers


En 1376, la région étant l’objet de querelles entre seigneurs, les hommes du Seigneur de Thoire-Villard pillèrent Saint-Bernard. Les portes de l’église et bon nombre de demeures furent enfoncées.


En 1468, d’autres troupes du Seigneur de Sornas ravagent Saint-Bernard. Tous les engins de guerre se trouvant au château sont enlevés. C’est pourquoi, lassés des guerres entre Seigneurs et écrasés sous les taxes seigneuriales et religieuses, les habitants de la région manifestent le désir d’être réunis au royaume de France. La région, suivant les vicissitudes des combats, était une fois Savoyarde, une fois Bourguignonne et toutes les fois soumis aux différents impôts. Louis XI, qui s’employait à agrandir son royaume et sa domination s’empressa d’accepter et s’engagea à protéger la population et, pour favoriser 1’essor économique, leur accorda privi1èges, droit et franchises.


C’est ainsi que naquit « le Petit - Franc Lyonnais » regroupant 13 villages parmi lesquels Saint-Bernard, une partie de Saint Didier de Formans, Riotiers, Saint Jean de Thugnieux, Bernoud (hameau de Massieux), Civieux, Genay, Vimy (Neuville), Fleurieux, Rochetaillé, Fontaines sur Saône, Caluire et Cuire et une partie de la Croix-Rousse. Les taxes étaient payables qu’une fois tous les 8 ans… !
La Révolution mettra fin à ces privilèges.


En 1599, l’église de Lyon vend le château du Saint-bernard à Martin de Covet, seigneur de Montribloud.


Martin et son frère Jean Covet étaient à l’origine des commerçants bressans, nés à Bourg en Bresse. Ils s’installèrent à Marseille dont ils devinrent citoyens par leur mariage avec des filles de marchands marseillais. Ils entrèrent ainsi très vite dans le milieu du haut commerce. Mariant leurs enfants à d’autres grandes familles haut placées et même titrées, les Covet connaîtront un essor remarquable et une fortune considérable.


Par la suite, ils se séparent et partagent leur fortune, Martin de Covet possède alors les biens de la Bresse et du Lyonnais, il deviendra même échevin, en 1592, de la ville de Lyon. C’est dans ce contexte qu’il achète en 1599 le château de Saint-Bernard.


A sa mort en 1602, c’est son fils Martin II qui hérita de ses biens. Celui-ci mourut à son tour en 1617 et fut inhumé dans l’église de Saint-Bernard.


La famille de Covet acquit bientôt ses quartiers de noblesse, mais l’immense fortune amassée par les deux frères déclina peu à peu. Le dernier des Covet, Jean-Baptiste, se retira à Saint-Bernard, après la vente de son château de Montribloud.


Il eut une fille, Jeannie-Louise-Marie, née en 1738, qui resta célibataire et fût la dernière propriétaire du château, jusqu’à la Révolution Française.


La nationalisation de son fief l’amène à quitter Saint-Bernard et à se réfugier à Villefranche sur Saône en 1792, au château de Hauteclair, chez des cousins, où elle sera considérée comme émigrée.


En 1793, les scellés sont mis au château.


En février 1794, on démolit « les pavillons et tourelles du château », beaucoup de maisons en pierre du village datent de cette époque. Les bois provenant des démolitions seront vendus au mois de mai 1794.


De retour à Saint-Bernard, Jeanne-Louise-Marie de Covet meurt, au château, le 13 germinal an IX (19 Avril 1801). Ainsi s’éteint cette branche de la famille Covet.


Le blason de cette grande famille est aujourd’hui exposé dans la salle voûtée du rez-de-chaussée haut.


Explication du blason : « d’or à deux pins arrachés de sinoples fruités d’argent entrelacés et passé en double sautoir ».


Listel : cri de guerre, « Non Mihi Sum … » ? Je ne m’appartiens pas … ?


Devise : « UNION FORTIS » - Union fait la force.

 

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